Le Centre nature Thurauen fête ses 15 ans
Le Centre nature Thurauen fête ses 15 ans

Dagmar Püntener de l’équipe du Centre nature a interviewé Petra Zajec.
Du pavillon d’information au Centre nature
Dans le cadre de la revitalisation de la Thur – le projet cantonal « Protection contre les crues et paysage alluvial à l’embouchure de la Thur » –, le canton a senti le besoin de mettre en place un service destiné à informer les visiteurs. À l’époque, la fondation PanEco gérait déjà un programme régional, le centre d’éducation à l’environnement « NeulandWeinland », dont Petra Zajec était la responsable. En 2008, PanEco a déposé sa candidature auprès du canton pour assurer la gestion du centre prévu dans la plaine alluviale de la Thur. À l’époque, la forme exacte de ce futur centre d’information n’avait pas été encore fixée. Au départ, le canton avait envisagé un simple pavillon avec quelques panneaux d’information sous un toit protecteur. Mais l’équipe de PanEco avait conçu d’autres projets.

Peu de temps auparavant, le service cantonal de protection de la nature a déclaré, comme objectifs, la possibilité de l’implantation de 20 Centres nature dans le canton de Zurich et on a donc pu s’y référer. A l’initiative du canton, une analyse des besoins a mis en évidence les attentes des écoles et des groupes extrascolaires. L’équipe de PanEco a tenu compte de cette analyse dans sa planification et a élaboré ainsi un projet comprenant un espace pour expositions et des bureaux, conçu des offres variées d’excursions et évalué les effectifs nécessaires. Lors d’une première rencontre avec des représentants du canton de Zurich, PanEco a présenté, au cours d’une visite guidée interactive à Berg am Irchel, sa conception de l’éducation à l’environnement et sa vision d’un Centre nature. Les représentants cantonaux ont été immédiatement séduits. PanEco a obtenu l’accord du canton en 2009.
Les étapes clés
La planification de la construction, de l’espace pour expositions et de la vente s’est déroulée en parallèle et a été très rapidement mise en œuvre. Le choix du partenaire avec lequel nous allions collaborer était très important. Nous avions organisé auparavant un concours afin de trouver celui qui aurait élaboré le meilleur concept. La construction du bâtiment a été également une étape marquante. C’est une construction en bois préfabriquée, dont les éléments ont été assemblés en l’espace de quatre – cinq jours à l’aide d’une grue. La mise en place de la passerelle aérienne menant au sentier découverte pour achever le projet fut un évènement inoubliable.

L’inauguration m’a particulièrement marquée : différents représentants du canton, des conseillers d’État et l’ancienne conseillère fédérale Doris Leuthard y ont participé. L’évènement a suscité un vif intérêt auprès du public : le premier jour, entre 1 500 et 2 000 personnes ont visité le centre et, au cours de l’année et demie qui a suivi, les visites guidées ont été très demandées.

Les priorités en matière d’éducation à l’environnement
Nous avions à cœur de proposer une éducation à l’environnement moderne et adaptée à notre époque. Dès le début, il nous a semblé évident qu’une exposition devait être interactive, qu’elle devait offrir des activités pratiques et éveiller les sens. L’exposition devait s’adresser à différents publics : aussi bien aux passionnés de la nature qu’aux enfants et aux profanes.

Dès le début, nous avons orienté nos offres pédagogiques vers des publics différents. Nous avons intégré les principes de l’éducation à l’environnement axée sur la nature ainsi que ceux de l’éducation au développement durable. Le concept prévoyait de ne pas mettre l’accent sur des espèces animales particulières, mais de mettre en lumière la diversité d’une plaine alluviale. La renaturation de la Thur était également un objectif prioritaire.

Le changement de perspective au cours des premières années a été très intéressant. Pour la renaturation il a fallu utiliser de gros engins et déplacer beaucoup de terre. Face à ces travaux, les gens ne voyaient souvent pas le lien avec la protection de la nature. Nous avons dû expliquer aux visiteurs les raisons de ces interventions et à quoi la zone ressemblerait quelques années plus tard. La situation s’est ensuite complètement retournée : les visiteurs trouvaient la région magnifique. Nous avons dû leur expliquer que, pour en arriver à cet aspect-là, il avait fallu d’innombrables interventions dont ils ne voyaient pas trace.

